La peur de perdre son identité, ou de n'en avoir pas une assez forte déclenche de grosses soifs de pouvoir, comme si le pouvoir identifiait. L'identité est un désir de différence infinie qui ne revienne pas au même, une pulsion de lien qui intègre pertes et manques comme des ressorts de son mouvement. Le contraire de l'intégrisme en politique.
La démocratie suppose une confiance dans le lien social qui fait que nul n'a à le refonder de son sang, mais que tout le monde l'aime assez pour être sûr qu'il tiendra le coup grâce à cet amour : si d'autres remuent dans des sens contradictoires, le lien tient, retient. Le despote, lui, vient s'y incarner, s'identifier avec, et il clame que le lien est menacé quand c'est lui qui l'est.
Chacun de nous n'ayant pas d'autre choix que d'être au monde, chacun étant aussi un monde, le propre du "monde" est de nous permettre de circuler entre des fragments de nous-mêmes... et de vivre avec ça. Le pouvoir ne peut s'appréhender, me semble-t-il, qu'à l'intérieur de cette configuration.
samedi 25 août 2007
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