mercredi 29 août 2007

Jeux de société

J'adore les jeux de société. Je les aime autant que la société des jeux. Chaque nouvelle règle dans laquelle je me plonge me paraît contenir un monde à découvrir. Je m'immerge avec délice dans le Moyen âge, dans la Rome antique, dans une galaxie improbable. Chaque espace ludique s'expanse sur une table et développe de nouvelles possibilités.
Un peu comme au théâtre. On peut y jouer toute une panoplie de personnalités. Du saint à l'assassin. Au fond, on n'est jamais bien loin de notre personnalité, même si l'on se fait violence et que l'on se comporte comme l'assassin - ou le saint ? Persona en latin signifie "masque". Tout un programme.

Mais si l'on peut presque incarner le personnage que l'on souhaite et que nous ne sommes limités que par notre propre personnalité, nous ne pouvons tout de même pas tout faire. La société des joueurs qui partage ce moment avec nous saura nous le signifier.
C'est un peu comme l'humour. On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui. Je crois que c'est Desproges qui disait ça. Le jeu, c'est pareil. Dans l'absolu, on peut tout jouer, mais pas avec tous.

mardi 28 août 2007

La rentrée

C'est la rentrée. On se demande d'ailleurs dans quoi on "rentre". Pour les adultes, c'est parfois difficile de passer du vide des temps vacants au boulot des plein-temps. Un peu lourd ce battement. Côté enfants, c'est plus drôle. Ils semblent aimer ça, l'école. Et l'école ? Aime-t-elle recevoir ces désirs de vie qui demandent à s'exprimer et surtout à acquérir les moyens de s'exprimer ?

samedi 25 août 2007

Pour en finir avec le pouvoir

La peur de perdre son identité, ou de n'en avoir pas une assez forte déclenche de grosses soifs de pouvoir, comme si le pouvoir identifiait. L'identité est un désir de différence infinie qui ne revienne pas au même, une pulsion de lien qui intègre pertes et manques comme des ressorts de son mouvement. Le contraire de l'intégrisme en politique.

La démocratie suppose une confiance dans le lien social qui fait que nul n'a à le refonder de son sang, mais que tout le monde l'aime assez pour être sûr qu'il tiendra le coup grâce à cet amour : si d'autres remuent dans des sens contradictoires, le lien tient, retient. Le despote, lui, vient s'y incarner, s'identifier avec, et il clame que le lien est menacé quand c'est lui qui l'est.

Chacun de nous n'ayant pas d'autre choix que d'être au monde, chacun étant aussi un monde, le propre du "monde" est de nous permettre de circuler entre des fragments de nous-mêmes... et de vivre avec ça. Le pouvoir ne peut s'appréhender, me semble-t-il, qu'à l'intérieur de cette configuration.

jeudi 23 août 2007

Faire entrer le rêve dans ces restes

Aujourd'hui, je vous propose un texte de Robert Pinget tiré de Tâches d'encre (1997). Ce livre constitue "le dernier carnet de Monsieur Songe" et s'ouvre - c'est un ouvrage - sur une pépite :

Suite ou fin. Nouveau cauchemar. Pas d'autre moyen de se tenir compagnie.
Savoir qui prend ces notes.
Saut dans l'ailleurs, le respirable.
Une porte ouverte. On n'ose y croire.
Bribes. Surcroît. Débris. Faire entrer le rêve dans ces restes.
Ou l'impossible.

Et si vivre correspondait à la tache de faire entrer le rêve dans ces restes ?

mardi 21 août 2007

Renouveler le possible

L'idée de pouvoir que j'évoquais hier ne me paraît pas être distincte de l'idée du "possible". Le Président de la République actuel vient d'être élu sur ce concept. Le pouvoir doit renouveler le possible.
Il n'y a pas un pouvoir susceptible de rendre les gens heureux ; il y a des gens plus ou moins heureux de leur désir de vie qui cherchent à le soutenir, à le prolonger vers le possible. On veut faire ceci ou cela : c'est un désir lancé au possible, à ce qui se peut de toute sa force car c'est possible. J'aimerais dire "pouvable" pour signaler ce lien au verbe pouvoir, contre l'impuissance régressive.

lundi 20 août 2007

Autorité et pouvoir

Le pouvoir n'est pas l'autorité qui le fonde. L'autorité ne peut venir que de ceux qui y sont soumis. A quoi bon organiser des élections sinon ?
Le pouvoir est la possibilité d'exercer son autorité et me semble plus avoir à être "contenue" que réellement mise en oeuvre. Cela réclame beaucoup de finesse. Il s'agit de marcher sur une ligne entre "vaincre" et "vivre". Chaque fois qu'on agit, on risque de vaincre, de tuer quelque chose de vivant ; chaque fois qu'on laisse les forces de vie se développer, on risque de trop laisser échapper. Par conséquent, un pouvoir exclut qu'on l'exerce trop.

dimanche 19 août 2007

Pour un ami

C'est lorsqu'on a inscrit la mort en soi qu'on peut commencer à vivre.

samedi 18 août 2007

Penser

Penser, c'est être le passeur de soi-même entre deux de ses altérités dont aucune n'est ultime.
Cela se passe à coups de questions et de remises en question. Le questionnement ne demande qu'à surgir, trouver la sortie, lorsque le dedans implose et que l'espace est impossible. Cela exige de prendre et d'apprendre une certaine liberté par rapport à l'origine et à ce qui se propose pour fin.
L'origine, c'est le Nom que je porte et la mère qui m'a porté. La fin est un autre nom du fatum, le Destin. L'axe entre ces deux bornes définit un parcours de vie fortement déterminé.
Penser consiste à s'arrêter un instant et à observer cette ligne de fuite dans le but de se demander si une autre voie est possible.

vendredi 17 août 2007

Un peu de clarté

Dans un souci de plus grande clarté, j'ai modifié le widget musical. Vous y trouverez le nom de l'artiste, le nom de l'album et le titre du morceau.
J'en ai également profité pour ajouter deux chansons. J'aime bien le chiffre 5 : les 5 doigts de la main, les 5 continents, les 5 branches de l'étoile...
Bonne écoute à tous.

jeudi 9 août 2007

Le sport et le jeu

Les sujets de deux billets rédigés durant le mois de juillet peuvent être reliés : il s'agit du sport et du jeu.
Initialement, le sport était un jeu, mais la technique en a très vite fait un travail. Comme toute activité, le sport dispose d'un outil, le corps. Le jouet du sport, c'est le corps. On tente d'obtenir un "score", de tutoyer ses limites. Lesquelles ? Celles du temps (aller plus vite que lui), celles de l'espace (en couvrir le plus possible), celles de vaincre ou de perdre sans trop se défaire.
Mais le jeu devient vite un exercice - la face non libre du jeu, son "côté obscur" - car en voulant toujours reculer ses limites, on tente d'acquérir plus de technique, une meilleure maîtrise du geste. Le geste dont je parle n'est pas comme dans la danse fait pour lui-même ou pour son esthétique, mais pour son efficacité. On souhaite faire plus vite, plus fort, plus loin. La danse n'est d'ailleurs pas une compétition avec des limites données à l'avance ; ce n'est pas un sport.
Et le mot est lancé : "compétition". Dans "compétition", il y a bien sûr l'idée de rencontre : avec des adversaires ou avec soi, mais pas seulement. On rencontre aussi la limite où le hasard est souverain.
Quel paradoxe ! A l'extrême maîtrise technique, ce n'est plus elle qui décide mais l'accident. La limite est si mince, à ce niveau de compétition, qu'elle ne peut décider sans le recours au Destin. Personne n'a la technique de la décision ! C'est ce qui fascine le public : l'instant fatidique (à la lettre : "ce qui annonce le destin") où la technique se mesure avec le Destin sur lequel elle ne peut rien !

mercredi 1 août 2007

Ajout de musique

Je vous propose trois morceaux de musique que je modifierai régulièrement.
Aujourd'hui, il y a une excellente version de "All Along The Watchtower" par Paul Rose, ainsi que "Come Back Crazy" d'Innes Sibun, extrait de son album "Superstitious". Enfin, "Hero" de l'album "If Only" de Sean Webster.
Tout est à écouter sans modération...