mardi 24 juillet 2007

Le temps

J'ai le sentiment que nous vivons une période dans laquelle le manque, l'absence, le vide sont devenus des ennemis à combattre. Tout se passe comme s'il fallait remplir, envahir, collectionner. Le temps à tendance à s'abolir ; il faut tout et immédiatement.
Je ne suis pas certain que cela favorise l'émergence du désir qui se caractérise par l'incomplétude. Ce même désir qui est à la base de la structuration de l'individu, de sa subjectivation (qui en fait un sujet).
Je crois que le monde aujourd'hui est devenu un formidable marché qui a apporté des merveilles - confort, démocratie, etc. - mais que simultanément, il court vers une destruction des êtres humains. Son "désir" à lui, c'est de n'être plus que lui-même, sans personne, sans obstacles - les états en sont.
On oublie que la seule dimension que rien ne détruira, c'est le temps. Il faudra vraisemblablement composer avec.

1 commentaire:

Murmures a dit…

Ne serait-ce point Cicéron (idée reprise par Sénèque) qui pensait qu'un homme qui n'avait pas les trois-quarts de son temps consacrés aux loisirs (ah l'otium, quel superbe concept ...), c'est-à-dire à sa liberté, n'était qu'un esclave ?