jeudi 18 décembre 2008

Victoire de la laïcité

La Cour Européenne des Droits de l'Homme a levé, le 4 décembre, toute ambiguïté sur l'interdiction de porter le voile. Dans un arrêt rendu à l'unanimité, elle a estimé que cette interdiction a pour finalité "de préserver les impératifs de laïcité dans l'espace scolaire".
Mais ce que je savoure davantage, c'est la mise au point suivante : "En France comme en Turquie ou en Suisse, la laïcité est un principe constitutionnel, fondateur de la République, auquel l'ensemble de la population adhère, et dont la défense paraît primordiale, notamment à l'école".
Voilà pour les incultes qui croient que la Turquie n'est pas laïque.

vendredi 27 juin 2008

Citation

Trouvée sur un blog, cette citation de Georges Bernanos :

L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles.

jeudi 19 juin 2008

Apprendre... à prendre

Apprendre, c'est "prendre" par la pensée. Difficile lorsque l'on est déjà pris par quelque chose qu'on ignore ! Celui qui a des responsabilités et qui est toujours pris par ses "fonctions", l'attardé saisi d'absences, tous dans une bulle d'où ils ont bien du mal à prendre. Impossible de saisir quand on est soi-même saisi. Il faut se dessaisir d'abord de quelque chose.
Apprendre, c'est "tenir" une chose devant soi, là, sous les yeux de la pensée. C'est forcément disposer d'un lieu où se tenir, où prendre appui, tenir le coup. C'est avoir une place, faite de temps et d'histoire. Être en face de quelque chose, donc être quelque part, pour faire face à d'autres parts de soi-même et d'ailleurs. Lorsque notre part d'être nous est dérobée, on n'est nulle part. Il nous reste un semblant d'être. A la place de l'apprendre, il reste le dressage ; à la place des formes naissantes, il reste le geste de formater, de mater fort les derniers appels d'être qui résonnent au fond de soi. Pour apprendre, il ne faut pas être pris dedans, ni dehors, mais pouvoir fréquenter des frontières, entre ombre et lumière ; des "entre-deux" où il y a toujours, un petit abîme à franchir.

dimanche 25 mai 2008

Café pédagogique

J'ai inséré un flux - quel joli mot ! - sur ce blog qui concerne l'actualité pédagogique. Un groupe d'enseignants anime le café pédagogique et compte déjà 170 000 abonnés. C'est critique, informatif et pertinent. Pourquoi s'en priver ?

jeudi 22 mai 2008

La paix

La paix est recherchée par tout le monde : individus, groupes et nations ; tous veulent avoir la paix. Alors forcément, il n'y en a pas assez pour tout le monde. On est en manque. Il y a pénurie de paix.
Chacun veut sa propre paix, celle où il peut s'affirmer sans qu'on le dérange. Mais celle-ci n'est pas un gâteau qu'on se partage. Ce n'est pas non plus un avoir, c'est un mode d'être. Il s'agit d'être en paix avec soi lorsque l'on parle des autres et qu'on est en rapport avec eux. On ne peut pas être en paix avec soi quant à ces autres si, par devers soi, on les déteste. Il ne s'agit pas de paix intérieure - la lutte avec soi n'est pas inutile - il s'agit d'accepter que l'autre existe comme différent et que cette différence ne peut disparaître.
La paix, c'est une conquête pour reconnaître en soi la part de l'Autre, puis la part des autres, spécialement de ceux qui nous touchent aux points sensibles. Cette reconnaissance est délicate car les rejets sont parfois coriaces. Alors, en attendant cette reconnaissance, peut-on espérer que des instances de paix arrêtent les passages à l'acte, que chacune des deux entités endigue ses extrémistes, s'abstienne de les utiliser. On espère que cette abstention prolonge les accalmies en attendant des accords sur le fond. Et là où une force d'interposition veille, on souhaite qu'elle travaille à se rendre inutile.
Oui, mais si l'une des deux parties se définit par la disparition de l'autre ? Eh bien, c'est le rôle des tiers de travailler à faire vivre dans l'entre-deux. Cela signifie probablement qu'on ne se leurre pas sur le court terme fait de heurts, de chaos parfois violents, mais que l'on considère comme bénéfique l'espoir qu'il y ait souvent la paix au cœur de cet espace-là.
Je suis convaincu que, conformément à ce raisonnement, la reproduction le plus souvent possible de la paix entre deux parties ennemies ne peut s'effectuer sur le mensonge. Même si toute vérité n'est pas bonne à dire, elle demeure un préalable à un accord à long terme. C'est peut-être ça, le plus difficile, lorsque l'on incarne un tiers : éloigner le mensonge ou sa petite sœur l'omission tout en œuvrant à réconcilier sur des bases authentiques.

jeudi 10 avril 2008

Flamme olympique

En voilà un événement paradoxal qui dit vrai ! On a dû éteindre la flamme olympique pour qu'elle puisse passer à Paris. C'est une coupure, une coupure symbolique, pour rappeler qu'un peuple au Tibet est coupé du monde et de ses droits. Tout comme la parole en Chine si elle ne correspond pas à celle que l'on souhaite.
L'acte collectif qui a consisté à éteindre nous éclaire ce qui est caché. Il allume la coupure. Hélas, pas de quoi fanfaronner. On sait bien que ça n'inquiétera personne et surtout pas ceux qui sont dénoncés par ce geste. Ils ne perdront pas la face. D'ailleurs, ils n'en ont pas de rechange ! Leur langage n'a pas d'ombre, même s'il en fait. C'est du monostrate, du compact, de l'aggloméré. Aucun interstice, aucune parcelle de faille. La distance n'existe pas. Alors, il vaut mieux dire que c'est du sport et pas de la politique, comme ça, tout le monde rentre dans le rang.
N'empêche, c'est beau d'avoir protégé la flamme... en l'éteignant ! C'est un paradoxe du vrai.

mardi 8 avril 2008

Nouveau blog

Je viens de lancer un nouveau blog de critiques de jeux de société pour le compte de la boutique en ligne Ludibay. Pour ceux que ça intéresse, vous trouverez les liens dans la rubrique dédiée. En attendant, les voici :
Ludibay
Critiques
Outre que le propriétaire est très commerçant, la boutique est très bien achalandée. Il y a également des jeux épuisés ou non en occasion. Avis aux amateurs...

dimanche 30 mars 2008

Le combat ordinaire

C'est le lot de chacun d'entre nous ; nous devons assumer à tout instant un combat que nous ne provoquons pas. C'est parfois agaçant, rarement gratifiant, souvent éreintant.

Manu Larcenet vient de publier le dernier opus de son "combat ordinaire". C'est un superbe ensemble qui se lit comme une symphonie en quatre mouvements. On y vagabonde avec le personnage principal sur le chemin de la maturité qui passe par un deuil difficile.
D'aucuns pourraient prétendre qu'il s'agit d'un bon OEdipe classique, d'un père peu bavard qui sombre dans l'oubli dans les deux sens du terme puisqu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer. Pourtant, c'est bien le fils qu'il faut symboliquement tuer ici et non le père qui, lui, disparaît trop tôt ; c'est-à-dire avant que le fils ait le temps d'entrer dans l'âge adulte. Mais c'est toujours trop tôt. Et finalement, le personnage parvient comme il peut à mûrir. Il rencontre l'amour, la paternité, la reconnaissance professionnelle. C'est lié au bout du compte.

Ce combat est ordinaire. C'est celui de chacun sur la voie de la vie. Magnifique !

vendredi 15 février 2008

Bravo

En général, je profite des vacances scolaires pour lire des bandes dessinées. Je viens d'en découvrir une baptisée "tout public". Je sais : on imagine que derrière ce terme se cache un récit mielleux qui hésite entre plusieurs publics. Eh bien non. ici, nous avons une stratification suffisamment riche pour autoriser plusieurs niveaux d'interprétation. Un régal.

Il s'agit de Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill d'Emile Bravo. En résumé, nous cheminons dans les pas d'un petit garçon jusqu'à la prise de conscience de la perte de sa mère. Les mots sont simples à l'image du style, mais comme toujours dans ces cas-là c'est très travaillé. A lire.

Au fait, il fait partie de la liste "Essentiels d'Angoulème 2008". J'en profite pour me féliciter de vous avoir parlé le 6 septembre 2007 de Là où vont nos pères qui vient d'obtenir le Fauve d'or (prix du meilleur album 2008) au Festival d'Angoulème.

dimanche 10 février 2008

Impérial


"Imperial" de Marc Gerdts.


C'est un jeu de société dans lequel chacun incarne un investisseur international à l'époque impériale. On surveille les nations dans lesquelles nous plaçons notre argent. On va jusqu'à prendre le gouvernement pour mener guerres, politique de taxe et autres coups tordus visant le profit maximum. On rit, on râle, mais on s'amuse comme rarement sur un plateau. Le mécanisme du jeu est rapide, alerte, intelligent et remarquablement bien conçu. Il paraît qu'il a été testé dans un cercle très fermé une dizaine d'années à Hambourg d'où est originaire l'auteur.

Voici un lien pour lire un descriptif et des opinions de joueurs :
Tric Trac
Un autre pour y jouer en ligne :
Jeu en ligne

Ce jeu est totalement immoral et fondé sur un libéralisme acharné. Il n'est pas rare de se faire souffler le moment crucial où l'on peut engranger nos bénéfices par un autre investisseur peu scrupuleux. Dans le vie, ce serait un cauchemar !

Pourquoi ai-je mis un conditionnel dans cette dernière phrase ?

samedi 26 janvier 2008

Poésie

Un petit texte pour commencer l'année, histoire de se remettre en perspective.

Don Quichotte

Ce qui vaut chez le chevalier,
N'est pas son destin de guerrier
Imaginaire,
Quelque exploit extraordinaire,
Sa lance, armure ou bouclier,

Son cheminement par les grèves,
Ses chevauchées qui n'ont de trêve,
L'air fou, béat,
Ce qui vaut, et qu'on ne voit pas,
Chez le chevalier, c'est le rêve...

Artur Eduardo Benavides

Bonne année à tous !