lundi 24 décembre 2007
samedi 22 décembre 2007
Golf
J'ai posté, il y a quelque temps, quelques vidéos de golf. C'est un sport/jeu auquel je m'adonne dès lors que j'en ai la possibilité ou que ma barre de stress entre dans la zone rouge. Il compte au niveau national un nombre sans cesse croissant de licenciés. Il enregistre même la plus forte progression malgré les événements "porteurs", comme disent les commerciaux, tels que coupe du monde (rugby), médailles d'or aux jeux olympiques (escrime) ou autres. L'explication est certainement à chercher ailleurs. Voici la mienne :
Ce sport est avant tout un jeu et à ce titre, il propose de re-jouer un comportement qui, dans la vie, est immédiatement sanctionné. Sur un parcours de golf, le risque est quasiment nul puisqu'il n'a comme conséquence que l'augmentation de l'index - donc un plus grand handicap. L'erreur, la contre-performance est marquée à l'extérieure pour éviter l'intérieur.
Le plaisir de jouer provient en partie aussi du relâchement indispensable à la frappe satisfaisante. Cela détend de pratiquer, ce qui n'est pas le cas d'autres sports où l'on doit "se rentrer dedans" comme aiment à le préciser si joliment les athlètes. Si l'on ajoute à cela le choix du club et celui du coup à jouer, on dispose d'éléments stratégiques qui participent de cette joie de jouer.
Je crois également que le calme, le silence dans cette nature souvent sublime, le partage avec quelques amis, partage comparable à celui d'un jeu de société, sont autant d'éléments qui agrémentent le jeu.
Pourtant, l'étalage d'argent, l'arrogance de certains joueurs provoquent chez moi une répulsion face à laquelle je dois me protéger. Leur être-au-monde est tout simplement insupportable. Aucun doute, aucun interstice susceptible de provoquer une prise de conscience d'autrui. D'ailleurs, les règles officielles ont inventé "l'étiquette" pour civiliser des individus qui, sans cela, reproduiraient certainement ce qui fait, dans la vie, leur fortune. Incompatible avec le jeu qui est décalage, créativité, modification et changement.
Le golf est un sport/jeu qui nécessite une évasion de la conscience : ne pas regarder les autres, ne pas réfléchir à l'impact écologique de l'entretien d'un parcours, ne pas calculer autre chose que son score, jouer les coups les uns après les autres. Cela revient probablement à diminuer son taux d'être humain puisque le passé ne sert pas à envisager l'avenir, mais que le présent envahit la conscience. Par voie de conséquence, cela provoque un soulagement, source de plaisir du jeu, car on n'a uniquement besoin de s'adapter à l'environnement. Le reste n'existe plus. Et le reste, c'est ce qui fatigue mais qui nous contraint à demeurer humains.
Ce sport est avant tout un jeu et à ce titre, il propose de re-jouer un comportement qui, dans la vie, est immédiatement sanctionné. Sur un parcours de golf, le risque est quasiment nul puisqu'il n'a comme conséquence que l'augmentation de l'index - donc un plus grand handicap. L'erreur, la contre-performance est marquée à l'extérieure pour éviter l'intérieur.
Le plaisir de jouer provient en partie aussi du relâchement indispensable à la frappe satisfaisante. Cela détend de pratiquer, ce qui n'est pas le cas d'autres sports où l'on doit "se rentrer dedans" comme aiment à le préciser si joliment les athlètes. Si l'on ajoute à cela le choix du club et celui du coup à jouer, on dispose d'éléments stratégiques qui participent de cette joie de jouer.
Je crois également que le calme, le silence dans cette nature souvent sublime, le partage avec quelques amis, partage comparable à celui d'un jeu de société, sont autant d'éléments qui agrémentent le jeu.
Pourtant, l'étalage d'argent, l'arrogance de certains joueurs provoquent chez moi une répulsion face à laquelle je dois me protéger. Leur être-au-monde est tout simplement insupportable. Aucun doute, aucun interstice susceptible de provoquer une prise de conscience d'autrui. D'ailleurs, les règles officielles ont inventé "l'étiquette" pour civiliser des individus qui, sans cela, reproduiraient certainement ce qui fait, dans la vie, leur fortune. Incompatible avec le jeu qui est décalage, créativité, modification et changement.
Le golf est un sport/jeu qui nécessite une évasion de la conscience : ne pas regarder les autres, ne pas réfléchir à l'impact écologique de l'entretien d'un parcours, ne pas calculer autre chose que son score, jouer les coups les uns après les autres. Cela revient probablement à diminuer son taux d'être humain puisque le passé ne sert pas à envisager l'avenir, mais que le présent envahit la conscience. Par voie de conséquence, cela provoque un soulagement, source de plaisir du jeu, car on n'a uniquement besoin de s'adapter à l'environnement. Le reste n'existe plus. Et le reste, c'est ce qui fatigue mais qui nous contraint à demeurer humains.
dimanche 16 décembre 2007
Toute-puissance
Un magnifique extrait de Christian Bobin dans Ressusciter :
"S. est en proie à la maladie de la perfection. Elle pense que tout ce qu'elle fait est incomplet, mauvais, raté. Elle voudrait qu'une seconde vie lui soit donnée comme un beau papier blanc sur lequel elle pourrait recopier la première, en lui enlevant ses taches et ses ratures. Elle ne voit pas que le brouillon c'est la vie même."
Quelle belle définition de la toute-puissance ! La question n'est pas de mesurer les conséquences qui se manifestent alentour, mais plutôt de prendre conscience de la peur qui motive une telle attitude. Car il s'agit bien d'angoisse ; sinon, comment imaginer ne pouvoir s'en remettre à une autre instance que soi ? Tant de merveilles ne se rencontrent qu'en laissant échapper ce qui de toutes façons nous échappera toujours. A commencer par la vie.
"S. est en proie à la maladie de la perfection. Elle pense que tout ce qu'elle fait est incomplet, mauvais, raté. Elle voudrait qu'une seconde vie lui soit donnée comme un beau papier blanc sur lequel elle pourrait recopier la première, en lui enlevant ses taches et ses ratures. Elle ne voit pas que le brouillon c'est la vie même."
Quelle belle définition de la toute-puissance ! La question n'est pas de mesurer les conséquences qui se manifestent alentour, mais plutôt de prendre conscience de la peur qui motive une telle attitude. Car il s'agit bien d'angoisse ; sinon, comment imaginer ne pouvoir s'en remettre à une autre instance que soi ? Tant de merveilles ne se rencontrent qu'en laissant échapper ce qui de toutes façons nous échappera toujours. A commencer par la vie.
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