mardi 31 juillet 2007

Jeu : risqué ou pas ?

Je considère le jeu comme une activité gratuite, libre et sans risques.
Le critère le plus important demeure la conscience d'être dans le jeu : pour jouer, il faut savoir qu'on joue ! Les enfants oublient parfois qu'ils jouent - cela nous arrive aussi mais nous n'aimons pas le dire - et ils se comportent alors comme si leur vie en dépendait. Le risque devient plus grand. Car en croyant que l'on se trouve dans un espace protégé, on baisse la garde et on révèle notre personnalité. Il y a "du jeu" à l'intérieur de nous-même, au sens de deux pièces mécaniques qui laissent un vide entre elles, ce qui a pour conséquence la formidable possibilité de bouger quelque chose en nous. C'est peut-être là que surgit notre créativité, parfois avec violence d'ailleurs.
Le jeu, c'est certainement plus risqué qu'on ne le pense et c'est ce qui en fait son intérêt principal.

vendredi 27 juillet 2007

Panem et circences

Le Tour de France monopolise les Unes des principaux canaux de l'information (télévision, presse). Vous rendez-vous compte ? Le maillot jaune, phare rayonnant du mois de juillet, abandonne la "grande boucle" ?
Nous savons tous que ce qui se joue n'est pas une compétition sportive, mais une concurrence commerciale. Sinon, nous aurions depuis longtemps fait le ménage dans le sport international. Le dopage n'est qu'un moyen d'être le plus performant, les enjeux étant colossaux. Qu'il s'agisse de cyclisme, de football ou de rugby.
Au moins, le monde du vélo a-t-il le courage de pratiquer une chasse perdue d'avance. Les distilleries auront toujours un temps d'avance sur les "Monsieur Propre" du monde. Il en va de l'équilibre de toute la société.
Les Romains l'avaient compris bien avant nous : "panem et circences".

mardi 24 juillet 2007

Le temps

J'ai le sentiment que nous vivons une période dans laquelle le manque, l'absence, le vide sont devenus des ennemis à combattre. Tout se passe comme s'il fallait remplir, envahir, collectionner. Le temps à tendance à s'abolir ; il faut tout et immédiatement.
Je ne suis pas certain que cela favorise l'émergence du désir qui se caractérise par l'incomplétude. Ce même désir qui est à la base de la structuration de l'individu, de sa subjectivation (qui en fait un sujet).
Je crois que le monde aujourd'hui est devenu un formidable marché qui a apporté des merveilles - confort, démocratie, etc. - mais que simultanément, il court vers une destruction des êtres humains. Son "désir" à lui, c'est de n'être plus que lui-même, sans personne, sans obstacles - les états en sont.
On oublie que la seule dimension que rien ne détruira, c'est le temps. Il faudra vraisemblablement composer avec.

lundi 23 juillet 2007

Antonin Artaud

Parfois, un mot, une expression ou même une phrase nous accompagne un temps, à la lisière de notre existence. Il en est une qui revient régulièrement à ma conscience. Elle est du poète Antonin Artaud :
"La vie est de brûler des questions".

Artaud. Noir. Très noir. Lumineux à force de l'être. Noirceur lumineuse. Christian Bobin l'a surnommé "L'homme du désastre" dans un ouvrage qui porte ce titre. Encore une pépite. Ces marginaux nous montrent probablement une voie. Mais il est presque impossible de la faire nôtre. A minima pouvons-nous recueillir ces quelques étincelles qui accompagnent notre parcours...

dimanche 22 juillet 2007

Fragments de "Microfictions"

Lu au détour d'une page de "Microfictions", l'excellent roman de Régis Jauffret paru chez Gallimard cette année :
"La loi protège les désespérés..."
"Je suis Arthur Monin, car je suis né Arthur Monin, et qu'en définitive j'ai fini par le devenir."
"Au fil des phrases l'écrivain se dévide comme une pelote."

Parfois, quelques fragments de texte s'élèvent au rang d'aphorisme. On se dit alors qu'on aimerait s'en rappeler, mais cela n'arrive presque jamais. Voilà pourquoi je les relève ici. Pour y revenir de temps en temps.

samedi 21 juillet 2007

Pourquoi "Triste-Figure" ?

Le Chevalier à la Triste-Figure est l'un des nombreux surnoms donnés par Miguel de Cervantès à son célébre personnage : don Quichotte de la Manche. Ce choix n'est pas anodin : il incarne à mes yeux le courage, l'enthousiasme et le désir de tenter quelque chose. Le roman de Cervantès, haut en couleurs, propose une foule de personnages à qui il advient une série d'événements plus invraisemblables les uns que les autres, le tout baigné dans une atmosphère joyeuse.
Le monde contemporain ne favorise pas la ferveur, l'optimisme ou la confiance en l'avenir. Pourtant, cela reste une question fondamentale - peut-être même de survie ? Mon regard se veut donc pessimiste par lucidité, mais certainement pas résigné.
Je proposerai des "réflexions" personnelles sur l'actualité, cette grande fresque colorée jusqu'au vertige, mais également sur tout ce qui a fait ou fera probablement le théâtre du monde. Pour ce faire, je suivrai le chemin tracé par le Chevalier à la Triste-Figure !