dimanche 30 mars 2008

Le combat ordinaire

C'est le lot de chacun d'entre nous ; nous devons assumer à tout instant un combat que nous ne provoquons pas. C'est parfois agaçant, rarement gratifiant, souvent éreintant.

Manu Larcenet vient de publier le dernier opus de son "combat ordinaire". C'est un superbe ensemble qui se lit comme une symphonie en quatre mouvements. On y vagabonde avec le personnage principal sur le chemin de la maturité qui passe par un deuil difficile.
D'aucuns pourraient prétendre qu'il s'agit d'un bon OEdipe classique, d'un père peu bavard qui sombre dans l'oubli dans les deux sens du terme puisqu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer. Pourtant, c'est bien le fils qu'il faut symboliquement tuer ici et non le père qui, lui, disparaît trop tôt ; c'est-à-dire avant que le fils ait le temps d'entrer dans l'âge adulte. Mais c'est toujours trop tôt. Et finalement, le personnage parvient comme il peut à mûrir. Il rencontre l'amour, la paternité, la reconnaissance professionnelle. C'est lié au bout du compte.

Ce combat est ordinaire. C'est celui de chacun sur la voie de la vie. Magnifique !